12 octobre 2009 – Izia @ le Bataclan

Fan, tu as déjà dû vivre ça toi aussi, en l’espace de quelques secondes tu te rends compte que tu es vieux. Non pas que tu vieillis. Pire, tu es tout simplement vieux/vieille (choisis selon comment tu te sens au plus profond de ton être).

Je viens de vivre l’un de ces moments. On ne peut que se sentir vieillissant quand une nana 4 à 5 fois plus jeune que toi est démente et que tu as une réelle admiration pour elle (et pas seulement ce regard bienveillant que tu portes habituellement sur les plus jeunes parce que tu les trouves touchants). Et là tu réalises que tu vas rater ta vie, en dépit du fait qu’elle commence à peine (ouais, t’vois, j’en profite pour te glisser subtilement que je suis diplômée, peut être pas de Harvard, mais diplômée tout de même). Il ne peut pas en être autrement. Qu’est ce que tu peux faire après l’ouragan que tu viens de voir ?

Quand je dis ouragan, je ne parle pas de la première partie, Pacovolume, qui, bien qu’étant loin d’être de mauvais musiciens, n’ont pas retenu mon attention. Un petit mieux peut être lorsqu’ils se lancent dans des morceaux un chouïa plus péchus, mais assez redondant dans l’ensemble.

Bref, l’ouragan en question, c’est bien Izia. Un petit bout de bonne femme perché sur des talons 2 fois plus hauts qu’elle qui te balance à la figure 1h30 de rock à l’état pur, encore plus puissant et saisissant sur scène que sur son premier album que j’écoute en boucle le matin pour me donner la pêche, le midi pour m’encourager à entamer une après midi de dur labeur, et le soir pour fumer mes cigarettes tranquillement alors que je surfe au hasard sur le net en remuant la tête (désolée de te décevoir, Fan, tu me pensais peut-être sex, drugs and rock’n'roll, mais beaucoup de mes soirées sont plutôt faites du triptyque suivant : musique, cigarette et Internet)

Bref, il arrive que tu trouves un album super, que la voix soit magique, tout ca. Et puis une fois sur scène, ca fait « plouf ». Mais Izia est encore plus magique sur scène que dans ton MP3.

Izia, c’est de l’humidité dans les yeux et des frissons dans les poils.

Elle entame le concert, seule sur scène avec sa guitare, sur un « Life is going down » et là tu comprends que tu assistes à quelque chose d’immense. Dès les premières notes, tu es happé, même les morceaux les plus calmes (« Sugar Cane ») sont d’une rare intensité. Elle court à droite et à gauche, se jette par terre, aguiche le public. La bête noire des techniciens est déchainée, ils sont à l’affutet passent leur temps à remettre le pieds du micro debout puis à y enclencher le dit micro, à décoincer le fil du micro pris sous l’un des amplis, à remettre tant bien que mal les cymbales du batteur. Elle détruit tout sur son passage, au sens propre comme au figuré.

Tout le premier album y passe, avec des versions allongées de « Disco Ball » ou « Leave Me Alone », agrémenté de quelques inédits, dont un morceau qu’elle interprète sans micro, après avoir demandé à l’assistance le plus grand silence. Bluffant. Elle « enflamme » une dernière fois la salle avec « Burning » (facile, me diras-tu)

Comme je suis un peu jalouse (ouais, j’suis comme ça), je tenais néanmoins à rendre hommage à ses musiciens qui sont tout juste époustouflants et sans qui elle ne serait (presque) rien (mention spéciale au batteur sexy qui a retiré le haut dès le 2° morceau).

Le concert fini, tu voies la masse de gens se diriger vers le métro Oberkampf, et tu te rend compte que tu n’as pas tellement envie d’être dans la cohue, qu’il ne fait pas si froid, et qu’une balade dans le calme d’un Paris endormi serait des plus agréables après avoir été branchée sur du 220V pendant plus de 2h. Tu décides donc de rejoindre Voltaire par voie pédestre. Pile poil le temps qu’il faut pour fumer une cigarette et admirer cette ville que tu aimes tant. Arrivée devant les escaliers qui descendent dans la station, tu laisses tomber ta cigarette incandescente et observe le bouquet d’étincelles orange lorsqu’elle atterrit sur le bitume. Et tu es saisie d’une sensation de perfection, d’équilibre total, de plénitude.

La suite à la prochaine gommette…

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Infos en vrac
de jolies photos du concert sur Le Hiboo
Izia : Myspace

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